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J’ai décidé de temps en temps de vous raconter certaines histoires et légendes de cet île magnifique qu’est La Réunion.
Je vais donc tacher au travers d’histoires, de vous conter l’origine de certains noms de lieux de La Réunion. Car il me semble essentiel que tout cela perdure dans le temps et reste dans nos mémoires comme une part de nous inaliénable.

Aujourd’hui je vous parlerai donc du Cimendef, célèbre piton rocheux au cœur du cirque de Mafate.

Tout d’abord situons le. Voici une photo prise depuis le kiosque du cap noir en allant sur la roche vert bouteille qui offre un excellent point de vue sur Mafate.

Le Cimendef est un sommet montagneux de La Réunion, situé sur la crête qui s’étire de la Roche Écrite au Gros Morne en séparant le cirque naturel de Mafate à l’ouest de celui de Salazie à l’est, il culmine à 2 228 mètres d’altitude au cœur du massif du Piton des Neiges et sert de frontière entre les communes de La Possession et Salazie. Il doit son nom à un esclave marron légendaire :Cimendef.

Cimendef s’installe avec sa femme dans le Cirque de Mafate, il fonde une communauté de marrons, créant ainsi sur l’île un territoire libre. Tué vers 1752 par le célèbre chasseur de noirs marrons François Mussard, Cimendef marque l’île d’une empreinte indéniable.

« Je suis l’écho premier de l’éboulis qui s’enfle », lui fera dire le poète réunionnais Boris Gamaleya dans “Vali pour une reine morte”, long poème qui chante l’épopée des marrons réunionnais.

” La tradition raconte à l’oreille du voyageur la douloureuse légende de ces montagnes.

Le cimendef avec son fier sommet vous rappelle la vie de ce noble bandit que la balle des blanc est allée, là-haut, atteindre sous les nuages. Cimendef ou Cimandef veut dire, dans la langue Madécasse, qui ne peut être esclave ; c’est le nom donné par ses frères à cet homme héroïque. La montagne où il a vécu, où il a lutté, où il a aimé Marianne, surnommée, La Terrible, dont le nom est encore resté à un autre sommet voisin, cette montagne où la balle la frappé, a conservé et conservera toujours son nom poétique et fier.

Seuls dans ce désert, cet homme et sa compagne fidèle, tous deux enfants de la terre d’Afrique, virent un jour tomber, sous la carabine des chasseurs d’hommes, leurs frères, leurs amis, tous les compagnons chefs ou soldats de leur bande, et là, seuls, ces deux cœurs comptèrent encore quelques instants d’un bonheur sans mélange. Les tigres et les lions ont aussi leurs heures de tendresse, et il faut à leurs sauvages ébats les chaudes et sauvages harmonies du désert.

Que fallait-il de plus à ces deux âmes indomptables ? Ils avaient pour palais leur caverne, l’eau de la source pour étancher leur soif, pour nourriture ce que leur prodiguait ce sol fécond, Dieu seul au-dessus d’eux puis l’amour et la liberté !…

Et quand le danger était loin, que la vallée était silencieuse, que pas un des échos de la montagne n’apportait à leur oreille le bruit de la fusillade, où l’aboiement des chiens dressés à leur chasse comme à celle des bêtes sauvages, alors un cri partait dans l’air, c’était le signal d’amour. Le couple se réunissait dans sa caverne, et là s’écoulaient les seules heures heureuses de ces deux misérables. Le chef sauvage chantait à sa compagne la douce complainte du pays ; le bobre (instrument de musique africain utilisé à La Réunion dans le Maloya) accompagnait sa voix, et l’éternel silence de la forêt était seul troublé par le chant triste et monotone de cet homme, dont l’accent grave et ému s’élevait, dans la nuit, comme la voix du génie plaintif de cette austère solitude.

Et pendant les longues nuits d’été, quels tressaillements d’orgueil, de plaisir et d’effroi devait éprouver ce couple proscrit à l’aspect des grands bouleversement de la nature, quand l’ouragan terrible fouettait de son aile furieuse la cime des forêts de la montagne ; puis, le jour venu, avec quel oeil d’épouvante devait-il contempler la force irrésistible avec laquelle les torrents, comme des géants furieux, bondissent et déchirent un passage dans les flancs de ces colosses antédiluviens.

… Quand je repassai dans mes pensées la vie des hommes noirs de ces parages ; d’un côté, la traque acharnée des blancs ; de l’autre, la défense héroïque des esclaves ; cette terre me sembla sacrée après avoir été le théâtre de ces luttes, le champ de bataille de la liberté. “  Texte : J.M. Raffray. Album de La Réunion

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